Samedi 10h30
À l’extérieur c’est la grisaille. Je viens de terminer la lecture de mon journal. Un rituel sacré de deux heures agrémenté d’un café bien fort. On y parle de la surprenante médaille de bronze de l’équipe féminine de soccer aux Jeux Olympiques de Londres. Marie-Ève Nault, prévue d’abord comme réserviste, s’est vu accorder un droit de jouer inespéré. J’y pense maintenant. Marie-Ève, de Trois-Rivières, a fait ses études au Cégep de Trois-Rivières et s’est fait remarquer pour son talent avec l’équipe sportive des Diablos. La voilà aujourd’hui sur le grand circuit.
Mon journal, toujours replié sur mes genoux, je repense aux manchettes des dernières semaines : les Jeux du Québec à Shawinigan où la Mauricie récolte 53 médailles, Alexandre Genest, Simon Kean, le Grand Prix de Trois-Rivières avec la victoire de Dumoulin, la Coupe Mémorial et la victoire éclatante des Cataractes…
Mais les grands titres ne se limitent pas au sport. Je pense à Esimesac, ce deuxième film tiré d’un conte de Fred Pellerin; le spectacle d’Amos d’Aragon à la Cité de l’Énergie où l’achalandage ne se dément pas et le succès du Festivoix où les Grégory Charles et Jean Leloup y ont fait tout un tabac.
L’économie y trouve aussi une belle tribune : la fromagerie F.X. Pichet de Ste-Anne-de-la-Pérade remporte les deux premières places dans la catégorie des fromages semi-fermes de plus de 60 jours au Rallye des fromages qui honore les meilleurs fromages artisanaux de l’Amérique. Rien de moins. Et c’est une entreprise de chez-nous ! Une autre entreprise, de Shawinigan celle-là, se distingue à l’échelle provinciale : SIM. Cette dernière est finaliste aux OCTAS 2012 pour le plus prestigieux concours en Technologies de l’Information au Québec. L’annonce de 140 nouveaux emplois chez Premier Aviation et l’ajout de 160000$ au budget du CSSS viennent compléter avantageusement cette série.
Tout plein de belles nouvelles pour notre Mauricie. Et je sais que j’en oublie. Assurément, 2012 est une année de grand cru.
Je comprends tout à coup que sans ses héros, une région n’est rien. Qu’ils soient sportifs, artistes, entrepreneurs ou politiciens, ces héros deviennent les ambassadeurs de leur région. Une fierté.
Une région forte a besoin d’une signature distinctive, d’une histoire. La fierté est l’ingrédient principal du sentiment d’appartenance à sa région. Sans fierté, zéro appartenance. Sans appartenance, zéro région.
Bien sûr, on ne peut pas tous être des héros. Bien sûr. Mais la fierté que je ressens pour la Mauricie peut être partagée et communiquée. Ma petite contribution à moi pour ma région.
Je me surprends tout à coup à rêver que chaque citoyen se met à cultiver la fierté pour sa région. Ce serait tellement…
Je dépose mon journal sur la table du salon.
Ce sera un beau samedi.